Parolesdelus
Mercredi, 27 Avril 2011 12:52

Nucléaire : quelques arguments pour les repas de famille...

Écrit par Philippe Lebeau

J'ai participé récemment à une projection-débat organisée par l'AHUEFA à l'occasion du 25ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Vous êtes peut-être aussi, à l'occasion de discussions entre amis ou en famille, amenés à débattre des questions nucléaires sans pour autant toujours disposer d'arguments. Aussi je mets ici à votre disposition quelques un de ceux que j'avais préparé pour l'occasion.  

Si je voulais proposer un plan général pour convaincre de la nécessaire sortie du nucléaire, je proposerais celui-ci :

  1. Un accident nucléaire tel que celui de Fukushima n'est pas lié à un risque naturel. Celui de Tchernobyl n'est pas lié à une erreur humaine. Tous deux sont le fait d'un choix politique, d'un choix de société
  2. Le risque nucléaire n'est pas un risque comme les autres (exemple : un accident d'avion) car il a un impact sur une durée qui dépasse l'échelle humaine et sur une surface qui dépasse très largement celle de l'accident. 
  3. L'acceptation de ce risque est basée sur plusieurs mensonges, notamment concernant :
    • la sûreté des installations
    • l'indépendance énergétique que le nucléaire est sensé fournir
    • le faible coût de l'énergie produite
  4. L'acceptation de ce risque est aussi basée sur la caricature des alternatives à l'électricité nucléaire, pourtant bien réelles

En bas d'article, je vous propose quelques liens pour celles et ceux d'entre vous qui souhaitent aller plus loin. Avant cela, j'ai rassemblé ci-dessous quelques arguments classés par "idées reçues", afin de vous permettre d'y piocher comme bon vous semble.

 

 

Les installation nucléaires sont sûres

On entend encore, même après Tchernobyl, même après Fukushima, venter les mérites et la sûreté des installations nucléaires, une forme d'exception Française... Sur cet argument, on peut tenter d'entrer dans un débat de chiffres, sur le nombre d'accidents dits "mineurs" (mais où l'on a parfois frôlé la catastrophe comme au Blayais en 1999) qui a ponctué la vie des centrales Françaises ces dernières années. On peut en outre évoquer la question des déchets, dont on ne sait que faire. On peut aussi souligner a minima la partialité des instances de surveillance des centrales...

Mais là n'est pas l'argument clé. L'argument clé, ce sont les pro-nucléaires qui nous le fournissent. Tentant de caricaturer les anti-nucléaire, ils pointent que le risque zéro n'existent pas, arguant que ce n'est pas parce qu'il y a un accident aérien que l'on va arrêter la production d'avions. Ils ont là à 100 % raison. La vie est faite de risque. Reste à décider ceux que l'on veut bien prendre. Et en l'occurrence, d'une part, l'avis de la population n'a jamais été recueilli sur cette question, et, d'autre part, quand bien même la probabilité d'un accident serait faible, le risque, lui est gigantesque.

La première qualité de l'imprévisible est de se produire au-delà de toute probabilité. Bien que j'ai tout fait pour éviter un accident de voiture, il peut arriver. En matière nucléaire, l'accident peut-être du à une cause humaine, naturelle, terroriste, voire à un cumul de facteurs. C'est là où l'argumentation des pro-nucléaire pêche : oui l'accident peut arriver, comme pour n'importe quelle activité industrielle et domestique, mais en aucun cas ses conséquences ne peuvent être comparables. 25 ans après, une zone d'un rayon de 30 km est toujours inhabitable, et ce encore pour des milliers voir des centaines de milliers d'années. Autour, la contamination est plus faible mais pourtant bien effective. On parle en tout de 1000 km2 de terres contaminées pour la Russie, 1500 km2 pour l'Ukraine, et 7000 km2 pour la Biélorussie.

Là est, je crois, la clé du problème : le risque zéro n'existe pas, et les conséquences d'un accident nucléaire impliquent l'irradiation de territoires et de générations à une échelle qui le rendent exceptionnel. Ce report de la charge sur les générations futures est inacceptable. Nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas, courir ce risque.

Enfin, insistons sur le fait que cette technologie est dangereuse même en dehors des accidents : contamination des travailleurs, rejets radioactifs à différentes étapes du cycle de production, déchets qu'on ne sait pas gérer et qui transitent en train ou en bateau à travers le monde, risque de prolifération et de transfert de technologie vers le nucléaire militaire, etc. 

 


Le nucléaire permet à la France d'être indépendante énergétiquement

Ah bon ? Certes l’uranium ne représente que 5 % du coût de l’électricité nucléaire (le reste incombant à la technologie), mais il y a de quoi tomber du placard :100 % de l'uranium nécessaire au fonctionnement des centrales nucléaires est importé (Niger, Australie, Canada). Plus d'uranium, plus d'électricité nucléaire. En terme d'indépendance on a vu mieux...  Avec la technologie actuelle, les réserves mondiales peuvent permettre un fonctionnement des centrales pour une petite centaine d'années encore. Et après ? Évidemment, sont évoqués la possibilité de faire fonctionner de nouveaux types de réacteurs (à neutrons rapides) qui permettraient de produire une même quantité d'énergie avec une plus faible quantité d'uranium (donc de repousser l'échéance), mais cette perspective relève pour le moment plus de la prière ou du miracle que de la probabilité. Aujourd'hui, et malgré les budgets de recherche pharaoniques, nous ne disposons pas de solutions technologiques pour augmenter le rendement des centrales. De même, alors que le contraire nous était annoncé à la construction des premières centrales, aucune solution n'a été trouvée concernant les déchets. Alors que les écologistes sont souvent taxés d'utopistes, le fait est que le pragmatisme, aujourd'hui, serait de renoncer à toute spéculation technologique et d'investir, dès maintenant, dans les énergies renouvelables, la réduction de nos consommations, et l'efficacité énergétique.

Et je ne parle pas des conditions souvent proprement scandaleuses dans lesquelles sont exploitées les mines d'uranium :

  • collusion avec des régimes démocratiquement instables et où la corruption règne (Niger)
  • conditions sanitaires et écologiques d'exploitation souvent désastreuses
  • accentuation des risques terroristes : ce n'est pas un hasard si c'est au Niger, auprès duquel nous importons de l'Uranium, que les deux jeunes français ont été récemment exécutés et où nous avons encore des otages. 

                                                

 

                                                                                    

L'énergie nucléaire est l'énergie la moins chère

Là encore, c'est une vaste fumisterie. En effet, le tarif indiqué sur notre facture ne représente que partiellement ce que cette énergie nous coûte. Est ainsi "oublié" :

  • Le budget consacré à la recherche nucléaire, que nous payons via nos impôts sur le revenu. Une part qui risque encore d'augmenter si on s'entête à investir des milliards pour une seconde génération de réacteurs.
  • Le coût du démantèlement de nos centrales, pourtant vieillissantes. 230 milliards sur 30 ans, de quoi faire grimper de 50% le prix de l'électricité. Sur ce point, lire l'édifiant article de Rue 89 sur la centrale de Brennilis, en déconstruction depuis 19 ans !
  • Le coût du stockage des déchets, pour lequel, il faut le rappeler, il n'existe toujours pas de solution ("mais on va trouver...").  Sur ces aspects, voir l'excellent documentaire "Into eternity" et/ou lire l'article du Journal Libération qui commente la problématique du film : les déchets doivent être stockés pour 100 000 ans, comment avertir nos descendants, communiquer avec l’avenir sur plus de 3 300 générations ? Comment signaler qu’il ne faut surtout pas entrer dans ce lieu ? Comment réagira l’humain de l’an 6780 ?
  • Le coût de l'accident : La responsabilité civile des exploitants nucléaires français prévoit l'indemnisation des dommages aux personnes et aux biens causés par un rejet dans l'atmosphère d'éléments radioactifs résultant d'un accident nucléaire à hauteur de seulement 91,5 millions d'euros (conventions internationales de Paris et de Bruxelles - 1960 et 1963 - transposées en droit français par les lois des 30 octobre 1968 et 16 juin 1990). Au delà, les victimes sont indemnisées par l'Etat dans lequel se trouve l'installation nucléaire puis par les Etats signataires de la convention de Bruxelles, jusqu'à 338 millions d'euros (conditions et limites fixées par les conventions de Paris et de Bruxelles). Ces chiffres peuvent paraitre importants, mais, à titre de comparaison, la reconstruction du seul sarcophage qui doit assurer l'étanchéité du réacteur 4 de Tchernobyl coûtera 1,5 milliard d'euros, somme pour laquelle les états concernés font appel à l'aide internationnale
Sur ce dernier point, il est à noter qu'une révision des conventions de Bruxelles et de Paris en 2004, signés et ratifiés par la France, relèvent le montant d'indemnisation à 700 millions d'euros par l'Exploitant, et au-delà, jusqu'à  1.500 millions d'euros par les Etats signataires, mais ils ne sont toujours aps en vigueur. Il ne le seront que lorsque deux tiers au moins des pays signataires de la Convention les auront ratifiés. A ce jour un peu moins de la moitié des Etats qui ont signé la Convention de Paris, ont transposé ou sont en train de transposer dans leur législation nationale les dispositions du protocole d'amendement de 2004.

 

Le problème, c'est la privatisation de la filière nucléaire

C'est un argument que l'on entend souvent, notamment de la part des pro-nucléaire de gauche. La privatisation de la filière nucléaire a en effet démultiplié le risque d'accidents en démultipliant le nombre de sous-traitants et en confiant la construction et l'exploitation des centrales françaises aux mains de multi-nationales dont la préoccupation principale est la maximisation des profits à courts termes.

On notera cependant que la centrale de Tchernobyl était en gestion public et que cela n'a pas pour autant empêché qu'une erreur humaine y soit commise. Pour résumer : la privatisation de la filière nucléaire est un facteur aggravant, mais une gestion publique des centrales ne diminuerait en rien la dangerosité de cette technologie. 

 

Sortir du nucléaire, c'est revenir à la bougie

Les écologistes ont pris le parti de sourire à ce genre d'arguments, et de les considérer comme des indicateurs de la faiblesse de leurs interlocuteurs. Lorsque ces derniers en sont en effet à recycler des poncifs de la sorte, c'est qu'ils ne leur en restent pas beaucoup sous le pied... Complice

En regardant les images de l'explosion de la centrale de Fukushima, le grand public a plutôt eu d'ailleurs le sentiment inverse : c'est le nucléaire qui risque de nous faire revenir à la bougie...

En France, 80 % de notre électricité est produite par le nucléaire. Aux Pays-Bas cette part est inférieure à 4 %. Les néerlandais vivent-ils à la bougie ? Non. Ils ont simplement engagé plus tôt que nous le développement d'autres sources d'énergies, notamment renouvelables (plutôt que d'engager des milliards dans le nucléaire).

Les scénarios de sortie de nucléaire en France, sur 25 à 30 ans, existent (voir les liens "pour aller plus loin" en bas de page). Ils s'appuient sur trois piliers :

  • La sobriété énergétique, c'est à dire la réduction des gaspillages. Exemple : profiter au maximum de la lumière naturelle pour s’éclairer, bien régler la température du chauffage, privilégier les aliments de saison et produits localement, organiser intelligemment l’espace urbain pour limiter les déplacement contraints, etc.
  • L'efficacité énergétique, c'est à dire la réduction des quantités d'énergie nécessaires pour  assurer nos besoins quotidiens. Exemple : l'école à énergie zéro de Pantin. Il s'agit d'une école comme les autres, avec des élèves, des enseignants, des classes, mais dont le fonctionnement est neutre du point de vue énergétique sur une année. On ne fera pas moins d'écoles, mais on fera des écoles plus efficaces énergétiquement. 
  • Le développement des énergies renouvelables, par définition inépuisables, bien réparties sur le territoire, et décentralisées. Exemple : solaire, éolien, hydro-électricité, géothermie, etc.

En oeuvrant de manière conjointe et volontaire dans ces trois directions, nous pouvons, dès maintenant, orienter notre production d'électricité vers la sortie du nucléaire, et, en une génération, réaliser la transition énergétique du pays.

Ce ne sera pas facile, mais si l'on regarde notre consommation d'énergie globale, le nucléaire ne représente que 15%, ce qui relativise l'effort à effectuer. Si l'on regarde à l'échelle mondiale, le nucléaire représente seulement 2,4% de l'énergie consommée dans le monde. D'autres chemins sont possibles.

 


Le nucléaire est une question trop complexe et trop stratégique pour qu'elle soit débattue avec les français

Argument qui, d'ailleurs, n'est pas propre à la question nucléaire. Il y aurait donc des sujets accessibles au peuple, et d'autres réservés à une élite. Consciemment ou non (laissons une chance à la naïveté), ceux qui utilisent cet argument ne croient pas en la démocratie, mais défendent en réalité la mise en place d'un régime oligarchique, forme politique dans laquelle une petite classe de puissants dominent et imposent leurs décisions à l’ensemble des citoyens (théocratie lorsqu'ils s'agit de religieux, ploutocracie s'agissant d'une élite économique, téchnocratie lorsqu'il s'agit de spécialistes, scientifiques, techniciens, etc.). A ce sujet, lire le livre d'Hervé Kempf : L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie.

Certes, les décisions publiques sont de plus en plus complexes, lourdes de conséquences. Mais la démocratie ne saurait être réduite au droit pour les citoyens d’élire des représentants auxquels ils délèguent le droit de décider en leur lieu et place pendant une période déterminée, même si ce droit est une composante fondamentale d’un régime démocratique. De nouvelles formes de consultation des citoyens permettent la confrontation des points de vue de tous ceux qui sont concernés : conférences de citoyens, débats publics, forums, toutes ces formes d’expression d’un vrai débat public sont légitimes et doivent être mise en œuvre autant que nécessaire.

Le nucléaire ne fait pas exception. On ne peut aujourd'hui critiquer la manière dont le nucléaire est imposé aux populations civiles sans le moindre débat démocratique et, dans le même temps, se satisfaire que les alternatives au nucléaire soient mises en place de la même manière. Un débat national sur la transition énergétique et la sortie du nucléaire est indispensable si l'on veut que l'effort nécessaire pour réussir cette transition soit partagé et si l'on souhaite qu'elle réussisse.

 

Le nucléaire fait finalement très peu de morts comparé à l'automobile

D'abord, cet argument renvoie à celui concernant la sûreté des installations nucléaires : le risque est faible, mais l'accident d'une extrême gravité, incomparable avec tout autre accident domestique ou industriel. On l'a dit, une des particularités est que les conséquences d'un accident nucléaires sont diffuses, dans le temps et dans l'espace. Au moment de l'accident, les irradiations sont massives, les morts spectaculaires. Ensuite le nuage se déplace, les radio-nucleïdes restent présents plusieurs dizaines voir centaines d'années et il existe une réelle difficulté à relier les cancers à l''accident nucléaire en tant que tel.

Ainsi, 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, le débat reste toujours houleux sur ses conséquences sanitaires, selon d'où viennent les chiffres, et selon la manière dont sont comptabilisés les morts...

Selon l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le bilan serait limité : 28 morts dans les jours qui ont suivi l'accident, 6 000 cancers de la thyroïde, dont quinze mortels, et des " cancers mortels dus à Tchernobyl parmi les liquidateurs, les personnes évacuées et celles résidant dans les zones contaminées de Biélorussie, Ukraine et Russie " sans plus de précision (rapport 2011 du Forum Tchernobyl). Cependant l'AIEA n'est pas considérée comme un observateur neutre, puisque ses statuts prévoient qu'elle est aussi chargée de promouvoir l'énergie atomique. Quant à l'OMS, elle est liée depuis 1959 par un accord avec l'AIEA. Par ailleurs ces études se fondent sur les maladies et morts précisément enregistrés, dans des pays où (essentiellement la Biélorussie, l'Ukraine et la Russie) les registres de morbidité et de mortalité ne sont pas toujours ni complets ni fiables, en raison des difficultés connues à la suite de l'effondrement de l'Union soviétique.

Une autre approche consiste à élaborer des modèles prédictifs de mortalité (essentiellement par cancer) à partir des facteurs de risque, c'est-à-dire de la relation entre la dose de radioactivité subie et la probabilité pour l'organisme de développer une maladie. Selon ce principe, des chercheurs des ex-pays de l'Est ont mené des travaux qui concluent à une mortalité allant jusqu'à un million de personnes attribuable à l'accident de Tchernobyl. Ces études ont été traduites en anglais dans la revue de l'Académie des sciences de l'Etat de New York, en novembre 2009. Elles ont été coordonnées par Alexis Yablokov, un chercheur russe très estimé. Cependant, la méthodologie appliquée pour arriver à ces résultats n'a pas été considérée assez explicite, et les conclusions n'ont donc pas été validées par la communauté scientifique internationale.

Deux autres études fondées sur des modèles prédictifs ont été publiées en 2006 : l'une, dite " Torch " (The Other Report on Chernobyl), l'autre par une équipe du CIRC conduite par Elisabeth Cardis. Selon l'analyse " Torch ", 53 % de la radioactivité émise par l'accident ont été reçus par les pays européens autres que les trois les plus touchés. Le rapport concluait que le chiffre de morts par cancer attribuables à Tchernobyl serait compris, pour le monde entier, entre 30 000 et 60 000. De leur côté, les chercheurs du CIRC parvenaient, pour l'Europe seulement, à 16 000 morts par cancer d'ici à 2065.

Depuis 2006, il n'y a plus eu de grande enquête de ce type. Le financement des recherches s'est considérablement tari. On comprend aisément pourquoi lorsque l'on constate les différences flagrantes de conclusions avec les sources officielles...

 

Le nucléaire c'est l'avenir

Voilà une affirmation de plus à laquelle on pourrait aisément sourire. La politique énergétique française se fonde sur des technologies et des choix vieux de plus de trente ans. Fessenheim date de trente ans. Les solutions d'avenir que propose la filière n'en sont pas :

  • Superphénix ? Mise en service en 1985, la centrale nucléaire de Creys-Malville rencontrait des difficultés techniques et administratives très importantes qui entraînaient de multiples arrêts dont un de trois ans et demi?. En 1997, Dominique Voynet (alors ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnementet les écologistes) obtiennent
    de Lionel Jospin l'arrêt de Superphénix (décision traduite par arrêté ministériel le 30 décembre 1998). Une décision argumentée par le premier ministre de l'époque principalement sur des raisons économiques. Jugez plutôt. Prix de la construction : dix milliards de francs (1,5 Milliard d'€) pour une prévision de quatre milliards. Coût d'entretien pendant son fonctionnement : évalué à 40,5 milliards de francs français (6,2 milliards d'€). Auxquels doivent s'ajouter le prix du  démantèlement : estimé à 16,5 milliards de francs (2,5 milliards d'€)
  • L'EPR ? Le réacteur en construction à Flamanville (Normandie) a deux ans de retard et coûtera 5 milliards d'euros au lieu des 3,3 milliards prévus initialement. En Finlande, même fiasco : quatre ans de retard pour le chantier et au moins 90% de dépassement de budget.
  • Le nucléaire de 4ème génération ? La 3ème génération (les EPR) n'est déjà pas fonctionnelle !
  • La fusion ?Les scientifiques, désireux de reproduire des réactions comparables à celles qui ont lieu sur le soleil, s'échinent à trouver une boite qui y résiste... En vain

Toutes ces pseudo-solutions d'avenir ont en commun d'être des gouffres financiers. Combien de milliards encore dépensés pour une telle chimère ? Le véritable progrès n'est pas une fuite en avant technologique mais une politique pragmatique d'investissement dans les énergies renouvelables, la sobriété et l'efficacité énergétique. 

 

Le nucléaire c'est de l'emploi

C'est vrai : 120.000 emplois directs. On objectera d'abord que la guerre, aussi, crée de l'emploi... Bref que le fait qu'une activité soit créatrice d'emploi n'est pas un sésame pour en justifier l'existence. Mais surtout, le nombre d'emplois crée par KWh produit est 15 fois plus importants dans la sobriété et l’efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables que dans le nucléaire. Cela se comprend aisément : dans un cas, il s'agit d'activités industrielles et artisanales qui nécessitent beaucoup de main d'oeuvre, dans l'autre, d'une activité technologique qui emploie un nombre réduit de personnes, principalement très qualifiées. De la même manière, on parle de + 30 % d'emploi lorsqu'on compare l'agriculture bio et l'agriculture conventionnelle.  

Il y a par exemple dans l'isolation des bâtiments ou les énergies renouvelable un vivier d'emploi locaux, accessibles au plus grand nombre et non délocalisables. les alternatives énergétiques ont créé 340 000 emplois en Allemagne en moins de 10 ans (énergies renouvelables, efficacité énergétique, recherche, éco-construction etc...), pays qui, rappelons-le, figurent en tête des économies mondiales, loin devant la France...

 

Pour aller plus loin :